RETOUR SUR LA COTE : UNE DESCENTE ETROITE

Nous quittons les sommets enneigés et l’ivresse des hauteurs en direction du Pacifique. La piste suit les eaux tumultueuses du rio Santa, seul passage possible pour rejoindre Chimbote. Sur environ 10 km, nous roulons sur une piste très étroite, traversons 34 tunnels taillés dans la roche, sans lumière, dans lesquels les attaques de véhicule ont déjà été nombreuses. La vallée s’élargie ensuite, nous retrouvons le bitume et les cultures des basses altitudes, dont des rizières que nous ne nous attendions pas à voir ici. Un peu plus loin, s’intéressons au travail d’un homme qui tresse des roseaux séchés : les panneaux carrés obtenus seront utilisés comme tapis mais aussi et surtout pour couper les maisons du vent et des tempêtes de sable, fréquentent sur la côte.

CÔTE NORD : UN PEU DE CULTURE

De retour au niveau de la mer, nous contournons la ville de Chimbote, qui n’a pas une très bonne réputation quant à la sécurité. Nous faisons une halte aux Temples de la Lune et du Soleil, aux abords de Trujillo. Ce site archéologique est en fait une ancienne cité, la capitale de la culture Moche qui vécut bien avant les Incas, entre 200 et 800 après JC. Le temple du Soleil servait de centre politico-administratif. De loin, on voit un gros tas de terre, mais quand on s’approche, on distingue les millions de briques empilées, constituant des murs de plusieurs mètres d’épaisseur. Faute de moyens, ce temple n’a pas encore été exploré de l’intérieur et n’est donc pas ouvert au public. Par contre, son voisin, le temple de la lune mérite le détour. Cette deuxième pyramide était le centre cérémonial, construit en honneur du dieu qui un jour sauverait le peuple d’un démon en forme de serpent à 2 têtes. A la suite de combats rituels très violents, le meilleur guerrier était sacrifié et offert au dieu. La particularité de cet édifice est qu’il y a en fait 5 pyramides qui ont été construites les unes au dessus des autres durant les 6 siècles de règne de la culture Moche.

Un peu plus loin, nous entrons sur le plus grand site en adobe de l’Amérique préhispanique : Chanchan. A l’époque, environ 100 000 personnes vivaient dans cette cité construite en bord de mer.

Nous suivons ensuite la côte en direction de Chiclayo où nous rejoignons l’océan pacifique à Pimentel. Cette petite station balnéaire n’est pas des plus belles mais elle est connue pour les « Caballitos de Totora », c’est-à-dire les petites embarcations en roseau sur lesquels les derniers pêcheurs traditionnels de la zone se lancent contre les vagues et ramènent des raies que l’on peut déguster dans les restaurants de plage.

Un peu plus au nord, nous visitons le musée de Sipan. Nous ne sommes pas des accrocs des musées en général, mais nous aurions eu tort de passer à côté. En 1987 a été découverte la tombe du Senor de Sipan, le personnage le plus haut placé de la culture Moche. Par son importance, cette découverte pourrait s’apparenter à celle de Toutancamon. Visite interactive et très intéressante, au milieu d’objets d’une richesse inestimable !

La côte de l’extrême nord du pays est connue pour ses palmiers et ses plages aux eaux plus chaudes qu’au sud, mais l’accès se fait par un désert sans grand intérêt et réputé pour être une poubelle à ciel ouvert. Nous décidons donc d’un itinéraire alternatif, comme nous les aimons, pour rejoindre l’Equateur.

EN ROUTE POUR L’EQUATEUR : DE RETOUR DANS LES HAUTEURS

Nous quittons à nouveau la côte pour rejoindre les hauteurs par la route des manguiers, qui poussent par centaines au bord de la route ; il suffit de tendre le bras pour se servir ! Premier arrêt à Cajamarca : c’est dimanche et nous décidons d’aller dans un restaurant champêtre. Au menu, Cuy (cochon d’Inde) frit, une des spécialités. Même s’il n’y a pas grand-chose à manger, la viande est bonne et ressemble un peu au lapin. Les 250 km suivants se font sur une piste très étroite, à flan de montagne, parfois dans une brume épaisse qui nous cache un vide de plusieurs centaines de mètres. Cette piste est la sœur jumelle de la route de la mort en Bolivie ! Nous partageons notre route avec des tarentules, des enfants à cheval qui transportent le lait du jour, des agriculteurs qui labourent avec des bœufs, des images que l’on n’aurait certainement pas vues en passant par la côte.

Nous visitons ensuite le site de Kuélap, considéré comme le Macchu Pichu du nord du Pérou, mais en beaucoup moins touristique. Cette cité pré-inca est perchée à 3000 m d’altitude, encore enfouie dans la végétation. Encore une fois on admire l’ingéniosité des populations de l’époque quant à la localisation du site et à l’architecture qui demeure aujourd’hui encore bien conservée.

Nous faisons halte dans la très jolie petite ville coloniale de Chachapoyas, propre et charmante. Nous faisons un dernier détour pour aller voir les sarcophages de Karajia. Ces tombes pré-inca ont une hauteur moyenne de 2 mètres ; elles sont accrochées à la falaise depuis plus de 1000 ans, n’étant été dérangées probablement que par les oiseaux qui peuvent les atteindre. Pour terminer notre périple péruvien, nous rejoignons le village de San Ignacio avant de passer la frontière vers un nouveau pays : l’Equateur.

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