Le Nord: de la côte à la sierra (Novembre 2012)

CALETA VIDAL : UN HAVRE DE PAIX

Après notre courte escale à Lima, et pour fuir les bruits et les odeurs urbaines que nous avons de plus en plus de mal à supporter, nous rejoignons la côte au hasard d’une pancarte. « Caleta » pourrait se traduire par crique, et c’est ainsi que nous nous retrouvons directement sur la plage avec le 4x4, à quelques centaines de mètres d’un petit village de pêcheurs. Quel bonheur de retrouver l’océan après avoir traversé un désert si aride ! Notre pêche ne sera pas bonne cette fois-ci mais la balade sur les rochers nous permettra de voir des dizaines de crabes, des étoiles de mer et autres créatures marines.

PARC NATIONAL HUASCARAN : UN ARRET SPORTIF DANS UN DECOR UNIQUE

ETAPE 1 : la mise en jambe

Plutôt que de suivre la côte, nous décidons de longer la cordillère blanche, réputée comme une des plus belles au monde, et aussi déclarée Patrimoine Naturel de l’Humanité par l’UNESCO. Nous nous arrêtons à Huaraz, qui sera notre camp de base pour quelques jours. Nous découvrons d’abord la Puya Raimondi, une plante qui ne pousse qu’à 3 endroits dans le monde, et qui peut atteindre 12 m de haut. Elle ne fleurit qu’une fois dans sa vie et meurt ensuite.

Le jour suivant, nous empruntons une piste de montagne, passons au bord des lagunes Llanganuco, majestueux miroirs qui reflètent la forêt d’arbres sans écorces, le plus haut sommet du parc (le Huascaran), et les glaciers. Un peu plus loin, nous partons pour une randonnée de 5 heures qui nous mène à la lagune 69, un paradis turquoise au pied de sommets enneigés qui semblent toucher le ciel. Les cascades finissent leur chute ici, à plus de 4600 m d’altitude.

ETAPE 2 : l’ascension (par Stéph)

Les nombreuses semaines passées sur les hauts plateaux depuis le début de notre voyage nous ont laissé assez de globules rouges pour s’habituer de nouveau à l’altitude. Impossible pour moi de résister à l’envie de gravir un des nombreux sommets de cette cordillère qui me séduit. La réservation est faite, je pars demain avec Carlos, mon guide, pour tenter l’ascension du Vallunaraju. L’aventure commence par 2 heures de taxi sur une piste défoncée, trop défoncée pour la petite berline dans laquelle nous sommes, qui finira avec des impacts de pierres sous le plancher et des suspensions à refaire…A 4600 m d’altitude, nous vérifions notre sac à dos et entamons notre montée jusqu’au camp de base, dans une pente très raide. A 14h00, nous montons la tente pour la nuit, sortons le nécessaire de cuisine, les duvets en plume, les lampes frontales et s’allongeons à 4900 m, un repos très conseillé pour s’acclimater. En 3 h, il tombe 15 cm de grêle qui transforment le paysage. Il est 16h00, nous mangeons une bonne portion de pâtes bolognaise avant de profiter d’un coucher de soleil dans une atmosphère de paix absolue, dans le silence et seuls au monde ; sensation indescriptible de bonheur. A 18h00, il est l’heure de dormir et de rêver au sommet tant attendu.

Carlos me dit qu’en raison du mauvais temps, nous avons peu de chance d’atteindre notre but demain ; je m’y attendais, nous ne sommes pas dans la saison idéale. Le départ est donc prévu vers 4h30 du matin ! Le réveil sonne, j’ouvre la fermeture éclair de la tente et découvre un ciel étoilé, sans nuage. Carlos l’avait prédit mais ne m’avait rien dit ; il voulait me faire une surprise : c’est réussi ! Il est en fait 2 h30, nous partons encore un peu endormis, après un copieux petit-déjeuner. Nous enfilons les crampons, empoignons nos piolets et débutons l’ascension du glacier. Le soleil se lève, je suis les pas de Carlos, relié à lui par 20 m de corde. Cette sécurité rassure quand on voit devant nous les voûtes de glace qui se sont effondrées. Ce qui paraissait la veille compromis par une mauvaise météo se réalise ; à 7h40, nous atteignons le sommet à 5686 m, en forme et émerveillés par ce fabuleux décor !

Z   o   o   o   o   o   M