La sierra (Décembre 2012 - Février 2013)

APRES LA FRONTIERE : UNE BONNE ENTREE EN MATIERE !

Après le slogan chilien : « Policiers du Chili, toujours des amis », voici la version équatorienne : « Policier équatorien : bien plus qu’un bon ami ». Vérifions cela tout de suite. Nous quittons le Pérou par la frontière de la Balsa, par laquelle passent très peu de véhicules, encore moins étrangers ! Une fois les formalités faites du côté péruvien, nous traversons la rivière qui marque la frontière et nous voilà en Equateur. A gauche, des hommes sirotent des bières sur le pas d’une porte. A droite, deux bâtiments pas encore finis font office de bureau de la migration et de douane. Il n’y a personne à la migration alors nous commençons par la douane. 1- Le douanier ne se rappelle plus comment se rempli le formulaire d’entrée dans le pays et fouille dans les archives (nous l’aidons). 2- Il ne sait pratiquement pas taper sur un clavier d’ordinateur. 3- Il nous demande notre n° DJT, qui au final n’existe que pour les équatoriens ; on finira par inscrire le seul n° de notre carte grise qui ne rentre pas dans les autres cases…4- Il n’y a plus de papier dans l’imprimante. 5- Le document est imprimé mais à la relecture, il n’y a pas moins de 5 erreurs alors que le douanier n’avait qu’à recopier les données de nos documents officiels. Pour gagner du temps, Justine entre au bureau de la migration, personne. Un homme en short, tongues, serviette de bain sur l’épaule, vient à sa rencontre et lui dit : « Donnez moi vos passeports maintenant parce que je dois aller me baigner » ! C’est l’officiel de la migration qui parle ! En 50 minutes, nous partons enfin, alors que nous étions les seuls à passer la frontière à ce moment là !

Après deux jours d’une piste parfois très raide à travers les collines verdoyantes et les bananiers, nous arrivons à Vilcabamba. Ce village de moins de 5000 habitants serait source d’une jeunesse éternelle, où l’on vit en moyenne plus vieux qu’ailleurs. Selon la légende, les hautes personnalités incas venaient ici pour se détendre. L’eau serait purificatrice et nettoierait l’organisme en seulement quelques jours. Cette qualité de vie attire chaque année de plus en plus de retraités américains et canadiens qui s’installent ici, en profitant de leurs dollars pour mener une vie qu’ils ne pourraient pas se permettre dans leur pays d’origine.

A peine garés sur la place principale, une mamie nous accoste et nous pose des questions sur notre voyage. A peine partie, une famille s’arrête à notre niveau. Christel est française, marié à Peter, américain ; ils vivent à Vilcabamba depuis presque un an, après avoir quitté leur vie « trop classique » au Colorado, et cherché un endroit pour se poser. Ils vivent d’amour et d’eau fraîche, sans travailler pour le moment, en puisant dans leurs réserves financières et en profitant de la vie tout simplement. Nous sommes d’abord invités à déjeuner puis finalement à passer le weekend chez eux, à partager nos expériences respectives. Avant de partir, nous assistons à la rentrée des classes du lundi matin, où les enfants, en parfaites files indiennes, chantent l’hymne national puis l’hymne de l’école, avant de relater les faits divers du weekend (agressions, drogue, résultats sportifs etc), ensuite commentés par la directrice de l’école. Une sorte de leçon de morale aux enfants pour les mettre en garde sur les situations auxquelles ils peuvent être exposés. Nous reprenons la route vers le nord, en direction de Cuenca.

DESTINATION CUENCA : DECOUVERTE DE TRADITIONS BIEN SYMPAS

Au départ de Loja, nous décidons de s’enfoncer un peu dans la campagne pour aller visiter Zaruma, un village perché sur un flanc de montagne. Nous n’avons jamais emprunté de rues aussi pentues ; une panne de freins serait fatale ! Une magnifique petite place au milieu de maisons bancales en bois, décorées de très beaux motifs peints ou sculptés, des trottoirs en parquet, des habitants adorables, des crabes violets sur le marché, voilà pour le décor ! Nous adorons et ne regrettons encore une fois pas d’avoir fait un détour ! Un peu plus loin, nous nous arrêtons dans la fabrique artisanale de Dona Cleme, qui pour la troisième génération élabore des sucreries à la cacahuète, au chocolat, ou bien encore à la goyave, cuites dans un récipient en cuivre. Délicieux !

De retour sur la route sud-nord du pays, nous faisons un arrêt sur la place centrale de Saraguro, qui a été coupée de la circulation pour un match de volley entre les habitants du village et…les policiers !

Ce sport est national, il se pratique à 3 contre 3, et avec un ballon de foot généralement. Chaque équatorien digne de son pays se doit d’avoir un filet, chez lui, dans son coffre de voiture ; pour ainsi improviser une partie, quelque soit le lieu ou l’occasion. Passons maintenant à un thème qui nous est cher : la gastronomie. Plus nous avançons vers Cuenca, plus nous voyons des stands improvisés au bord de la route. Nous nous approchons de l’un d’eux pour découvrir un cochon entier, embroché sur un support fabriqué spécialement. Il est chauffé à l’aide d’un chalumeau pendant des heures. La peau ainsi craquante se mange accompagné de la viande cuite que l’on appelle fritada. C’est dimanche et même si l’on peut en manger tous les jours de la semaine, c’est le jour où ce plat, accompagné de maïs, est le plus consommé. Nous nous installons donc sur une table à quelques mètres et partageons avec des locaux ce plat typique équatorien.

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