Région Extrême Nord (Juillet - Août 2012)

SALAR DE COIPASA : DE LA THEORIE A LA PRATIQUE

Nous apprenons à nos dépends qu’il sera impossible de traverser ce salar comme nous l’avions prévu sur le papier ! Passons à la pratique : notre GPS se perdant lui-même dans ce nouveau désert blanc, nous essayons d’abord une trace d’un autre véhicule et restons planté quelques centaines de mètres plus loin. Nous sortons en 20 minutes, grâce à notre matériel embarqué : pelle et plaques de désensablement que l’on sort pour la 2e fois du voyage. Le bivouac se fait sur place, dans un village visiblement abandonné, au milieu des poules. Le lendemain, nous traversons de nouveaux villages fantômes qui ne nous aideront pas à trouver notre route. C’est seulement en milieu de journée que nous trouvons trace de vie humaine, et un autochtone nous indique le chemin. Là encore, la différence entre la théorie et la pratique peut s’avérer grande. Nous sommes face à un tel labyrinthe de traces que nous devons tous les km se lancer des paris sur la piste à prendre…Ceci est le résumé de cette 2e journée. Le 3e jour, au bout de quelques heures de route, nous tombons sur un barrage de 4 hommes armés de mitraillettes, des militaires, qui contrôlent les papiers du véhicule pour s’assurer que nous sommes en règle. Cent mètres plus loin, en voulant éviter une partie humide du chemin, c’est le deuxième plantage ! Au bout d’une heure d’efforts intenses à essayer de sortir, le Toy est maintenant dans une position encombrante, enfoncé dans 40 cm de boue, et c’est là que nous décidons de frapper à la porte des seuls bipèdes de la zone : les militaires qui viennent de nous arrêter. Il faudra 2 heures supplémentaires de travail à 6 pour enfin revenir sur un sol plus dur ! 100 bolivianos dans la main du chef (environ 12 euros) et c’est reparti !

Le passage de la frontière se fera sans encombre, juste avant la fermeture. Mais le plein de gazole du côté bolivien se fera par contre plus difficilement. La théorie c’est : on arrive à la station essence, on ouvre le réservoir, on fait le plein, on paye et on s’en va. La pratique ça donne ça : on arrive à la station essence (jusque là tout va bien), mais voilà qu’un jeune garçon en treillis nous accueille dans la file, nous tape la discute et fini par nous dire que nous ne pouvons pas charger de gazole ici (la nouvelle loi bolivienne de janvier 2012 ne permettant pas à toutes les stations essence de servir les plaques d’immatriculation étrangères, nous comprenons). Mais le problème est que nous sommes presque qu’à sec et que la prochaine station est à des heures de route d’ici, alors nous insistons. Un premier coup de fil passé par notre jeune militaire au gérant de la station se traduit par : « Je dois fouiller votre véhicule pour être sûr qu’il n’y a rien d’illégal ». A nous de répondre qu’il n’est pas autorisé à le faire mais lui permettons quand même de regarder en ouvrant simplement la porte arrière et une de nos malles fixées sur le toit. Tout est en règle…mais ça ne suffit pas ! Un 2e coup de fil au soi-disant gérant donnera cela : « Il faut me payer le droit de vous faire servir ici ». Cette fois, c’est clair, nous sommes face à une belle tentative de corruption. Le pompiste, à qui nous apprenons les agissements de son jeune collègue paraît étonné et nous sert le plein sans aucun souci !

Du côté chilien, c’est tout à fait différent, notre arrêt au poste des Carabineros (police) se soldera par 2 bouteilles d’eau offertes pour la nuit, plus de 100 L d’eau pour remplir notre réservoir d’eau potable et une adresse pour acheter du gazole au noir (« CARABINEROS DE CHILE : UN AMIGO SIEMPRE ». Voir notre rubrique « Juste pour rire »). Fin d’une longue journée assez éprouvante mais qui se termine bien, dans un petit resto où l’on s’en sortira pour 4 € pour deux !

PARCS NATURELS ISLUGA ET LAUCA : D’UN VOLCAN A UN AUTRE

Le Chili est un pays de volcans, dont de nombreux sont encore actifs. Les deux parcs que nous traversons pour rejoindre l’extrême nord du pays en sont la preuve. En plus de nous offrir de beaux panoramas, ils sont gratuits, chose rare de nos jours. Nous traversons encore des villages déserts, preuve que l’exode rurale continue, mangeons pour moins de 2 € de la viande de lama séchée avec des petites pommes de terre, et dormons avec pour seuls bruits ceux des flamands roses.

A la sortie du parc Lauca, nous passons très proche du volcan Parinacota, splendide sommet avec sa parfaite calotte blanche.

c’est parti pour 150 km de descente, de 4300 m au niveau de la mer : débouchage assuré des oreilles ! Sur la route, nous faisons un bref arrêt au village de Socorama où l'origan est cultivé en étage. Et c’est l’arrivée sur Arica, dernière ville d’importance du nord du chili.

ARICA : AAAHHH, RICA LA EMPANADA

Voilà plus de 4 mois que nous n’avons pas vus l’océan (pauvres voyageurs que nous sommes), alors cette arrivée sur Arica est comme une libération. De l’humidité, du vent marin avec les odeurs de la mer, des vagues et des surfeurs, et surtout des fruits de mer ! Dès notre arrivée, nous dégustons de bonnes empanadas (chaussons) de fruits de mer, et elles constitueront la moitié de notre alimentation de ce séjour côtier. Le port des pécheurs permet d’acheter les produits moins chers, et aussi de les déguster sur place. Arica c’est aussi l’occasion de s’offrir un petit bain (15 degrés dans l’eau). Arica est aussi un spot connu des surfeurs où sont organisées de nombreuses compétitions.

Le centre de la ville présente 3 monuments imaginés par M. Gustave Eiffel : une église en fer, l’ex-douane et un des bâtiments du gouvernement.

Sur notre route pour le départ, nous visitons un musée où sont exposées des momies de la civilisation Chinchorro, datée d’une époque plus ancienne que celles découvertes en Egypte.

Après avoir bien rechargé nos « batteries », nous reprenons la route en direction des hauts plateaux boliviens.

Z   o   o   o   o   o   o   o   o   o   o   o   o   M