REGION DES MISSIONS JESUITES : LA CHIQUITANIA

Plus qu’un seul site, c’est la région entière qui est inscrite au Patrimoine Mondial de l’UNESCO depuis 1990. Aux 17e et 18e siècles, les Pères Jésuites ont élu cette région pour construire les « Républiques de Dieu », des lieux idéaux où tous les hommes vivraient en osmose, malgré leurs différences : une utopie qui visiblement fonctionnait au moment où les Jésuites ont été expulsés par les espagnols.

De cette époque il reste aujourd’hui des ensembles architecturaux magnifiques, en pierres mais surtout en bois, que l’on appelle des Missions. Sur cette route de plus de 500 km (dont la moitié est en terre), et qui va de San José de Chiquitos à Santa Cruz, nous avons visité les missions de San José, San Rafael, San Miguel, Santa Ana, San Ignacio, Conception (notre préférée), et San Javier. Contrairement à celles que nous avons visitées au Paraguay, en Argentine et au Brésil, les missions de la Chiquitania n’ont pas été détruites et en plus très bien restaurées, grâce à l’aide de la Suisse, de la France et de l’Espagne.

La région est aussi connue pour son festival annuel de musique baroque. Par chance, nous avons pu assister à un concert donné dans une des missions par une formation de jeunes musiciens locaux, qui voyagent déjà à travers le continent pour se produire. Le savoir-faire de la fabrication des instruments tels que violons, violoncelles et contrebasses vient des Jésuites qui ont également écrit des partitions de musique.

A Conception, nous visitons une pépinière de 7000 orchidées, tenue par un passionné, qui nous laisse stationner notre véhicule dans son jardin pour la nuit.

COLONIES MENNONITES : VOUS CONNAISSEZ "LA PETITE MAISON DANS LA PRAIRIE"? 

Mais qui sont-ils ? Les mennonites sont des membres d’une secte fondée au 16e siècle en Suisse ; ils se sont ensuite installés aux Etats-Unis, au Mexique, au Belize, au Paraguay et en Bolivie dans la région de l’Oriente. Ces familles, qui vivent en communautés, refusent toute autre autorité que celle de la Bible. Les différentes colonies vivent principalement de l’agriculture.

En respectant certaines règles d’usage comme ne pas les prendre en photo de manière visible, nous entrons dans une colonie de 5000 habitants pour en savoir plus. Ici pas d’électricité ni d’eau courante, pas de bitume, pratiquement pas de signalisation, et un transport unique : la charrette. Chaque famille possède un grand terrain sur lequel est construite la maison. Devant chacune d’entre elle, des bidons de lait, la production du jour que le laitier ramasse en camion pour livrer la fromagerie. Là-bas, nous achetons un morceau de fromage, leur spécialité. Malgré leur origine Suisse, le fromage n’a malheureusement rien à voir avec le gruyère ou le vacherin qui nous manquent tant ! Nous cherchons ensuite un endroit pour déjeuner mais ici, il n’y a que des épiceries. C’est dans l’une d’entre elle que nous réussissons à discuter longuement avec un des membres qui nous explique leur mode de vie. Les mennonites n’ont pas le droit de posséder de voiture ou de téléphone portable par exemple, mais sont autorisés à les utiliser si on leur prête. Leurs tracteurs ont des roues en fer, les pneus étant interdits ! Ils ne sortent de leur communauté uniquement pour vendre leurs produits ou pour une urgence. Les enfants vont à l’école seulement jusqu’à 13 ans et les cours sont tous dispenser en allemand. Les tenues sont uniformes : salopette noire et chemise à manche longue pour les hommes, robe foncée pour les femmes. Bref, un vrai remake de la série « La petite maison dans la prairie ».

VILLA TUNARI : LE RETOUR VERS LES ANDES

En route pour la ville de Cochabamba, nous commençons à reprendre de l’altitude. Mais avant d’arriver, le climat chaud et humide est idéal pour la culture de la banane. Nous nous arrêtons par curiosité sur une propriété de 18 hectares pour poser quelques questions et repartons avec une trentaine de petites bananes en cadeau ; elles sont petites et délicieuses ! En continuant sur une centaine de kilomètres, nous passons à 2500 mètres d’altitude et là tout change : le soleil est remplacé par une brume épaisse, les tenues légères par celles de Andes. Nous retrouvons les boliviennes aux nattes bien tressées, les cultures de coca dont les feuilles sèches sur des bâches.

A Villa Tunari, nous visitons la réserve écologique Machia, un lieu de réinsertion pour animaux avant qu’ils ne soient relâchés dans la jungle. Belle initiative mais difficile de croire à la réussite du projet lorsqu’on voit à quel point les singes sont proches des visiteurs. Sans crainte, ils s’approchent, se blottissent contre nous et nous prennent la main pour qu’on les gratte, un moment fort et inoubliable !

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