L’AMAZONIE : OPERATION SURVIE

ETAPE 1 : la Pampa

Pour fêter nos 1 ans de voyage, on s’offre une semaine « organisée », pendant laquelle nous oublions notre logistique quotidienne. Notre 4x4, lui, restera au parking, pour faire une pause après presque 40 000 km sur le continent.

Nous prenons donc place à bord d’un petit avion de 19 places à élices, dans lequel nous sommes assis à 2 mètres seulement des pilotes, ou devrions-nous plutôt dire du commandant et de son élève, rassurant ! Le décollage est mouvementé, tout comme le vol ; 35 minutes plus tard et 4000 mètres plus bas, c’est l’atterrissage sur une piste de boue au milieu de la jungle, mémorable ! Changement de climat et de paysage : il fait 30° à 9h00 du matin, le taux d’humidité est de 80%, tout est vert, très vert. Le village de Rurrenabaque est la porte d’entrée de l’Amazonie bolivienne, séparé de San Buenaventura par le fleuve Béni qui se traverse en barge. Sur le port, les régimes de bananes sont déchargés par centaines. Au marché, nous nous régalons d’un milk-shake aux fruits, un vrai délice !

Faisons la connaissance de notre guide Angel et de notre cuisinière Amelea à l’agence puis direction le port de Santa Rosa en 3h de 4x4 sur de la piste (ça nous manquait). Nous chargeons ensuite notre pirogue à moteur puis route vers notre camp de base pour 3 jours. Le trajet se fait au milieu d’un zoo naturel et il ne se passe pas une minute sans voir d’animaux : caïmans, alligators, martin-pêcheurs, cormorans, etc. Notre chambre sur pilotis est rustique, sans fenêtres mais avec moustiquaires, et située à seulement quelques mètres de la rivière où les crocodiles attendent leur proie. Nos repas sont délicieux et très copieux ; nous devions être 4 dans ce groupe mais nous sommes finalement que 2, et pas question d’en laisser dans les plats ! Les points forts du programme sont les suivants : pêche aux piranhas, d’ailleurs très bon à la poêle, nage avec des dauphins d’eau douce que l’on arrive presque à toucher, et recherche d’anaconda, dont on tiendra un spécimen de 2 mètres dans les mains ! Opération n°1 terminée, seconde étape…

ETAPE 2 : la Selva

Contrairement à la Pampa (marais), la Selva représente quant à elle la Jungle telle que l’on se l’imagine lorsqu’on prononce le mot Amazonie. Nous profitons du contact d’amis voyageurs pour s’organiser une excursion en dehors des sentiers battus, en privé.

De retour à Rurrenabaque, nous faisons la connaissance de notre famille d’accueil, Rolando et sa femme Berta. Ce couple d’indigènes à été élevé dans la jungle et y passe encore 50% de son temps, passant l’autre moitié à Rurrenabaque. Nous arrivons dans la communauté de Carmen Florida, constitué de 46 familles vivant chacune sur un terrain de 2000 m² environ. Nous découvrons la maison qui nous est gentiment prêtée par la sœur de Berta. Elle est faite de planches de bois, le sol est en terre, le toit en branches de palmiers, la cuisine est au feu de bois, que l’on allume sur un socle de terre et où l’on pose les casseroles carbonisées en aluminium. Entrée en matière marquante, le point de départ d’un séjour en autonomie, au cœur de la jungle.

Quelques coups de machettes plus tard, nous avons le matériel nécessaire pour construire notre lit de fortune : bâche et couverture posée à même le sol, et recouverts d’une moustiquaire. Le dîner se fait dehors autour du feu, avec des couverts que l’on taille directement dans un bois local. Autour de la maison, des cocotiers, des bambous de 25 mètres de haut, un four en terre, des toilettes sèches dans lesquels les poules viennent pondre : le cadre est posé ! Le lendemain, nous commençons la journée par un masaco en guise de petit-déjeuner : viande de lama, huile et bananes, le tout concassé dans un mortier géant, taillé dans un tronc. Il n’y a rien de tel pour prendre des forces avant notre traversée de 3 h dans la jungle, jusqu’à une cascade où l’eau froide sera la bienvenue. Sur le trajet, nous jouons à Tarzan, buvons l’eau des lianes, mangeons du cœur de palmier, ramassons un ananas très parfumé, apprenons le nom et l’utilité des différents arbres et plantes. Le troisième jour, nous découvrons les plantations de mani (cacahuète) et frejol (haricot sec) sur les plages de la rivière. Nous allons même semer du maïs dans le chaco, parcelle de terre qui est défrichée puis brûlée afin d’être cultivée ; séance photo en habit typique de l’ethnie Tacana. Sur le retour, participons à l’extraction du jus de canne à sucre à l’aide d’une presse ingénieuse, et se régalons d’un bon verre de vitamines ! Le dernier jour, nous explorons les bords du fleuve avant de s’arrêter sur une île déserte. A la Robinson Crusoé, nous montons notre camp avec ce que l’on trouve sur place. Deuxième séance photo avec Rolando, cette fois déguisés en Chimané, autre peuple indigène qui chasse et pêche encore à l’arc. Berta nous régale avec un locro, plat typique à base de poulet, qu’elle tue, ébouillante et plume devant nous ! Après le dîner, nous tendons 2 lignes dans la rivière, et pêchons à l’aide de petites grenouilles trouvées sur place. Au bout d’une demi-heure, nous remontons un poisson de 5 kg, et chacun est satisfait de cette prise qui nous assure notre petit-déjeuner du lendemain. Réveil sublime au soleil levant, démontage du camp et retour en pirogue à Rurrenabaque. Sur le trajet, nous dégustons de fabuleuses papillotes de poissons préparées dans des feuilles de bananiers et cuites au feu de bois. Cette expérience dans la jungle restera pour sûr gravée à jamais dans nos mémoires.

Pour notre retour à la Paz, nous optons pour le bus, plus économique, oui mais…2 heures de retard au départ, un bus dans un état intérieur de saleté déplorable, divers arrêts imprévus dont le premier de près de 5 heures au milieu de la piste, en attendant qu’elle sèche. Un peu plus loin, nous nous retrouvons sur le bord, à quelques degrés de chavirer : tout le monde descend, les pelles, les pioches et le travail acharné des 3 chauffeurs nous sortiront de cette situation délicate. 25 heures de bus en tout sur une route épouvantable et nous arrivons à la Paz au milieu de la nuit. Opération survie terminée avec succès, nous sommes fatigués mais ravis de notre séjour.

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