POTOSI : LE PASSE AU PRESENT

Cette cité coloniale situé à 4000 m, déclarée « Patrimoine naturel et culturel de l’Humanité » en 1987 par l’UNESCO, nous séduit. Les rues de la ville sont en pente, marquées par de nombreux balcons fermés qui dépassent et des façades colorées. Les églises, toutes transformées en musée, ont des portails soigneusement sculptés de divinités indiennes. Les marchés de la ville sont eux aussi très colorés, les produits s’entassent sur des mètres de hauteur sans que rien ne tombe. La viande pend au dessus des têtes des marchands, dans des conditions d’hygiène douteuses…

 

Mais Potosi c’est surtout construite au pied du «Sumaj Orcko » (la montagne d’argent en quechua). A l’époque de la conquête espagnole, Hualpa, un indien de l’altiplano fît découvrir cette montagne aux envahisseurs : les conséquences seront gigantesques. Les espagnols imposèrent la « mita », le travail forcé et gratuit dans les mines, dans des conditions épouvantables. Chaque année, des dizaines de milliers d’indiens mouraient d’épuisement ou empoisonnés par les vapeurs de mercure qui servaient au traitement de l’argent. Pendant les 2 siècles d’exploitation, la mine aurait produit suffisamment pour paver d’argent une route à 2 voies jusqu’à Madrid ! Notre visite commence par la boutique où sont vendus les équipements (casque, lampes, combinaisons, dynamite etc) pour les mineurs. Ensuite, nous passons au marché où l’on nous recommande d’acheter des feuilles de coca et des boissons gazeuses pour leur offrir. Ici, nous voyons des mineurs prendre un petit déjeuner très copieux (soupe, assiette de poulet, riz, pommes de terre) : c’est le seul repas qu’ils prennent avant de rentrer jusqu’à 72 h d’affilé dans la mine. Nous passons ensuite à l’habillement, nous voilà en bottes avec de jolis casques sur la tète. La visite se poursuit par un passage rapide dans une des 50 usines d’exploitation du minerai, où les pierres ne contenant pas d’argent sont mises de côté. Et c’est parti pour 2h30 et 3 km de marche dans des galeries obscures, étroites et humides, dans l’une des 180 mines que compte cette montagne « gruyère ». Nous croisons de nombreux mineurs poussant des charriots de minerai ou des brouettes bondées, portant des sacs pesant jusqu’à 60 kg, posant des bâtons de dynamite. Leur conditions de travail sont à peine croyables, il peut faire jusqu’à 45° dans certaines galeries. La contradiction est que depuis que les mineurs travaillent en coopératives privées, leurs conditions de travail sont pires que lorsque les mines étaient nationalisées (éclairage par des plafonniers, électrisation des charriots etc), mais ils sont « plus libres » nous disent-ils ! Et de toute façon, on est mineur de père en fils, c’est une question de fierté ! Sur le chemin, nous passons dire bonjour au « Tio », le dieu des mineurs qu’ils bénissent tous les vendredis en faisant des offrandes dans le but de les protéger et de leur porter chance. Notre guide nous fait goûter la boisson des mineurs, un alcool de canne à sucre à 96° : il est 9h00 du matin, ça réveille ! Cette visite n’est pas banale, réellement éprouvante et surtout très marquante.

Après cette matinée riche en émotion, nous passons voir un concours de pâtisseries qui a lieu dans le centre. On en fera notre dessert.

 

Le lendemain, nous partons assister à une féria du lama, un concours de beauté où les gagnants portent une écharpe de couleur comme les Miss France ! Nous mangeons de nouveau de la viande de lama, accompagné de pommes de terre et de maïs étranges.

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